Bilinguisme

Les bienfaits du bilinguisme précoce

Il n’est plus besoin de démontrer les bienfaits du bilinguisme précoce sur le cerveau et les capacités d’apprentissage de l’enfant. Les spécialistes sont unanimes sur le sujet. Pour en savoir plus : https://vimeo.com/12093356
Selon les principes de l’immersion, les enfants n’apprennent pas l’occitan; ils communiquent et apprennent en français et en occitan. Lucie en est la référente.
Le bilinguisme constitue une confrontation à l’altérité qui permet d’aborder la réalité par deux formes linguistiques différentes, amenant l’enfant à pouvoir appréhender une chose par plusieurs biais, par des itinéraires de pensée différents. Il ne s’agit pas seulement de la capacité à apprendre, mais d’une attitude face à l’apprentissage : le bilingue sera plus prêt à accueillir la nouveauté, à admettre qu’il s’est trompé, à accepter qu’il peut y avoir plusieurs réponses à une question.

Maria Kehlstedt souligne que : « on sait depuis un certain temps que le bilinguisme enfantin n’est pas l’addition des deux langues dans le cerveau de l’enfant. Il s’agit plutôt de la construction d’une capacité linguistique à deux volets. En effet, les structures du cerveau du jeune enfant sont tellement flexibles qu’il apprend aussi facilement deux ou trois langues qu’une seule, et ce jusqu’à l’âge de 7 ans.
A condition que les langues soient apprises « à l’âge du langage » (Gilbert Dalgalian 2000), au moment où la plasticité cérébrale est en plein essor, il est tout aussi naturel d’apprendre une que deux langues. Passé l’âge critique de sept ans, l’acquisition d’une nouvelle langue relève d’un autre processus et doit faire le détour par la langue maternelle. On pourrait dire qu’après sept ans, on n’apprend plus du langage mais des langues (Dalgalian 2000, Petit 2001). L’équipement neuronal du bilingue précoce n’est pas le même que chez un enfant monolingue. Les langues apprises après sept ans sont stockées ailleurs dans le cerveau.

Dans le cas du bilinguisme français/occitan, l’apprentissage précoce de ces deux langues permet donc à l’enfant de valoriser ses capacités intellectuelles, de s’ouvrir et de maîtriser plus rapidement d’autres langues, mais aussi d’accéder à un élément central de son patrimoine, de sa culture. L’acquisition de la langue de notre région (occitan de Gascogne) participe en effet à l’ouverture de l’enfant sur son environnement direct, environnement très souvent pétri de langue d’oc. Qu’il s’agisse des noms de lieux ou de reliefs à travers la toponymie, des noms de famille ou encore d’expressions dites « régionales », la maîtrise de l’occitan constitue pour l’enfant une véritable clef de lecture et de compréhension de ce qui l’entoure, la langue qui a depuis mille ans baigné et imprégné la terre sur laquelle il a les pieds.

On se calme !

La pensée montessorienne et sa pédagogie, dans le droit fil des choix éducatifs de notre l’école, engage à pratiquer la réalité avec les enfants, à préférer l’histoire merveilleuse et sans cesse renouvelée de l’observation de la nature que l’on peut toucher à celle d’ours chanteurs qui ont perdu leur chapeau. Ici les ours n’ont pas de chapeau mais les écureuils, les libellules et les pinsons, le murmure des grands pins ont bien plus d’histoires extraordinaires à raconter aux enfants qu’ils n’en pourront entendre.
Le bilinguisme en langue régionale n’est donc pas un choix mais une évidence qui découle directement de la décision de nourrir l’enfant de réalité, de la nature et de la culture qui l’environne, de ce qui est à sa portée. Dès lors, qu’une langue régionale soit moins « utile » que l’anglais, l’espagnol ou d’autres langues est un jugement qui échappe à la cohérence pédagogique choisie. Utile ? À quoi ? Qui juge ici de ce qui est utile de ce qui ne l’est pas ?
Le repli sur soi, la tendance identitaire, le communautarisme étriqué n’a pas droit de citer dans la présence d’une langue sur un territoire qui est une réalité que l’on soit né ici, ailleurs ou dans le bec d’une cigogne. Connaître l’histoire particulière du lieu où l’on grandit, la cultiver, l’aimer, la vivre, la partager, c’est au contraire apprendre à comprendre et à accepter l’autre dans sa différence, préférer se nourrir de diversité que se périr d’uniformité.

La volonté de transmettre une langue en péril ne guide donc pas le choix du bilinguisme occitan. Car l’école seule ne décide pas de l’usage d’une langue. Le bain linguistique et social seul fait d’une langue apprise, une langue employée au quotidien, ou pas.
L’immersion quotidienne auprès de Lucie, référente occitane permettra aux enfants de comprendre très rapidement le gascon. Parler se fera petit à petit, au rythme et selon le choix des enfants. L’apprentissage de la lecture en occitan interviendra également conjointement avec le français comme cela se pratique déjà dans toutes les classes bilingues de France, quelle que soit la langue et la pédagogie choisie.

Patois, Gascon, Occitan

La lenga occitanaL’occitan désigne l’ensemble des dialectes de la langue d’oc, présentes et parlées dans toute la moitié sud de la France. Provençal, limousin, vivaro-alpin, languedocian, etc ; et gascon. Le gascon est donc le dialecte de l’occitan parlé dans toute l’aquitaine. Dans ce secteur géographique, il y a encore des différences entre le béarnais, le bigourdan, parler clair de Chalosse, etc. Ces différences – réelles mais qui n’empêchent nullement la compréhension et incitent plutôt à l’ouverture d’esprit – dans des langues essentiellement orales, se déclinent jusqu’à l’infiniment petit, d’un village à l’autre, parfois d’un quartier. Nous parlerons au Nidau le parler de la côte que l’on appelle « parlar negue » (parler noir), le patois d’ici si on préfère.

Comme toutes les langues, l’occitan possède une graphie, qui est un code d’écriture et de prononciation imposé par une académie à l’ensemble du territoire de la langue occitane. Il ne s’agit pas ici d’en discuter les avantages ou les incohérences mais bien d’en adopter les usages qui permettront aux enfants de partager cette langue à l’écrit avec tous les autres enfants occitanophones, quel que soit leur dialecte.

Le lien avec des locuteurs et l’univers culturel gascon sera développé, avec par exemple la correspondance avec d’autres classes bilingues ( Magescq, Vieux Boucau, Saint Martin de Seignanx), l’intervention d’artistes et acteurs culturel occitanophones, et bien sûr l’organisation d’événements valorisant la langue et la culture. D’autres intervenants occitanophones pourront venir régulièrement sur l’école ou en sortie.

Nous mettrons au service des parents, s’ils le désirent, des cours de gascon afin de leur permettre d’échanger avec leurs enfants quelques notions de base dans la langue qu’ils entendent au quotidien. Cette familiarisation avec la langue apprise par l’enfant leur permettra de ne pas se sentir exclu de leurs apprentissages, mais au contraire leur donnera l’occasion d’y participer.

Top